Serge Roca a de tout temps éprouvé la nécessité de dessiner. Son père, peintre amateur, lui a insufflé ce goût pour l’art et le dessin. Tour petit déjà, il manifeste un vif intérêt pour la sculpture. A 15 ans, au moment de son orientation, n’ayant pas assez insisté sur le fait qu’il voulait poursuivre des études aux Beaux-arts, il suit une orientation plus technique. Ayant ensuite travaillé pour des agences de pub pendant quelques années, le déclic s’opère lors d’un voyage en Amérique du Sud, à 33 ans.
Aller à l’essentiel
A son retour, il éprouve un besoin impérieux d’aller à l’essentiel, de ne pas rater sa vie. « J’ai rencontré des artistes aussi et je ne voulais pas réintégrer ma vie d’avant. J’ai donc tout mis en œuvre pour une carrière de sculpteur. Et depuis, c’est sans repos et sans répit, avec le même enthousiasme ».
Philosophie
Futurisme
Les créations de Serge Roca s’inspirent de la science fiction, du fantastique, dans la manière de percevoir les formes, les volumes ou de donner une âme à ce métal. Moebius, Caza, Druillet, Bidal, Giger et autres « humanoïdes » sont des références sacrées pour le sculpteur. Pour décoller de l’amateurisme, le Salon de Nantes consacré à la science-fiction, avec des personnes « initiées » a définitivement entériné la vocation de l’artiste visionnaire.
Serge Roca sait toujours ce qu’il va faire faire. « Il me fallait de la matière épaisse pour mon rhinocéros, je fais en sorte de l’avoir ». Se proclamant « de l’ancienne école » – même s’il est autodidacte – l’artiste voue une admiration sans borne à Rodin, pour la force qu’il a su insuffler à la sculpture. « La sculpture est un choix que je tiens à préserver. J’impose mes choix. Je suis de la même matière que cet acier, c’est tout ou rien ».
La revanche sur le temps
Son travail est une revanche sur le temps et sur l’oubli, « un hommage à tous les forçats de notre civilisation. Chaque sculpture est une part de la mémoire collective et parle du passé comme de l’avenir ». Actuellement, l’artiste revient vers de plus grosses pièces, retravaille les matières plus brutes pour « laisser parler la matière ».
Toujours à la recherche de la puissance du sujet qu’il va traiter, Serge Roca tire profit de ce que l’acier lui donne pour transmettre sa force à ses objets.
Cet « amoureux du métal » laisse sa sensibilité s’exprimer avec force, comme en témoignent ses pièces. Les sculptures de Serge Roca sont surprenantes, parfois inquiétantes et pourtant étonnamment attachantes. Les formes sont très animales, presque primitives et répondent à l’origine ancestrale du matériau. Elles rappellent l’aspect fondamental du métal. « Je prends la matière première, comme un peintre sa couleur en tube ».
Techniques et matériaux
Métalissime
Serge Roca a pris le temps de trouver le support qui correspondait le mieux à sa nature profonde. Le métal s’impose à lui comme une évidence, faisant écho à sa sensibilité personnelle. Convoité de tous temps, ce matériau fascinant, à la fois symbole de puissance et de domination, est une matière généreuse, si prompte à capter la lumière. Il peut donner une représentation à la fois inquiétante, sombre et froide mais aussi exubérante de la vie. Le métal a toujours été omniprésent sur tous ses croquis. « Je suis en quête de la puissance de l’acier. J’ai décelé un engouement pour l’acier. Sur tous mes dessins, on retrouvait des formes mécaniques, cela s’est imposé à moi. »
L’acier de récup’
Côté technique, le sculpteur utilise l’acier de récupération : pour ses formes, ses profilés, son usure et « sa fin de cycle qui renvoie à notre propre décadence ». Les teintes elles, sont dues à l’oxydation naturelle ou à des attaques par certains acides.
Son travail
Pour son travail qu’il reconnaît volontiers barbare et physique, Serge Roca travaille seul à la réalisation de ses projets, quand il ne travaille pas sur commande.
Plus à l’aise sur les grands formats, sur lesquels il retrouve l’efficacité du métal brut, le sculpteur a naturellement fait évoluer son travail vers le monumental. « Sur petits formats, c’est plus difficile. Je resterai dans l’acier, trop de chose à dire en un temps biologique ».